Ce que vous devez savoir sur les congés payés en France
Les points essentiels à retenir
- Tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois travaillé en France, soit 30 jours par an minimum (Code du travail, article L3141-3)
- Le calcul de l’indemnité repose sur deux méthodes : le maintien de salaire et la méthode du 1/10e ; vous devez appliquer la plus favorable au salarié
- Depuis la loi DDADUE de mars 2024, les arrêts maladie non professionnels ouvrent droit à 2 jours ouvrables de congé par mois, dans la limite de 24 jours par an
- Les congés payés doivent être versés même en cas de démission ou de fin de CDD ; ce versement est obligatoire et incontournable
- Dans le BTP et certains secteurs, les caisses de congés payés gèrent directement le versement ; ne pas cotiser expose l’employeur à des redressements URSSAF
Quel est le droit aux congés payés en France ?
En France, tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois travaillé. Ça donne 30 jours ouvrables sur une année complète, soit 5 semaines. C’est le socle légal, posé par le Code du travail à l’article L3141-3.
Les jours de congé légaux en France se décomptent en jours ouvrables (lundi au samedi) ou en jours ouvrés (lundi au vendredi) selon la convention collective applicable. Attention : un calcul en jours ouvrés donne 25 jours pour 5 semaines. Le résultat final doit être équivalent, pas inférieur au plancher légal.

📋 Règle de base : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an. Toute convention collective peut aller au-delà, jamais en dessous.
Congés payés CDI vs CDD : même règle ?
Oui, strictement la même. Les congés payés CDI et CDD obéissent aux mêmes règles d’acquisition. La différence, c’est qu’en CDD, l’indemnité compensatrice de congés est versée directement à la fin du contrat, sans attendre.
En CDI, le salarié prend ses congés en nature. En CDD, il reçoit 10 % de sa rémunération brute totale au titre des congés non pris. Ce versement s’appelle l’indemnité compensatrice.
Ancienneté et congés payés : y a-t-il un bonus ?
Certaines conventions collectives prévoient des jours supplémentaires liés à l’ancienneté et aux congés payés. Ce n’est pas automatique dans la loi, mais c’est courant dans des secteurs comme le BTP, la métallurgie ou la banque. Vérifiez toujours la convention de votre branche avant de valider un solde de congés.
Comment faire le calcul de l’indemnité de congés payés ?
Le calcul de l’indemnité de congés payés repose sur deux méthodes légales. Vous devez appliquer celle qui est la plus favorable au salarié.
- Méthode du maintien de salaire : le salarié perçoit pendant ses congés exactement ce qu’il aurait touché s’il avait travaillé.
- Méthode du 1/10e : l’indemnité est égale à 1/10 de la rémunération brute perçue sur la période de référence.
Le Code du travail impose de retenir le résultat le plus élevé des deux. Ce n’est pas un choix d’employeur, c’est une obligation légale. Beaucoup d’employeurs ne calculent que le maintien de salaire et passent à côté de l’écart.
💡 Exemple chiffré : un salarié a gagné 24 000 € brut sur la période de référence. Son indemnité au 1/10e est de 2 400 € pour 30 jours. Comparez ce chiffre avec son salaire mensuel brut. Appliquez le plus haut.
Quelle est la période de référence ?
La période de référence légale court du 1er juin au 31 mai de l’année suivante. Certaines entreprises utilisent une période différente, avec accord de branche ou d’entreprise. Vérifiez votre accord collectif avant tout calcul.
Congés payés et chômage partiel : les heures comptent-elles ?
Oui, en grande partie. Depuis les ordonnances Macron et confirmé par la jurisprudence, les périodes de chômage partiel sont assimilées à du travail effectif pour l’acquisition des congés payés. Les heures chômées dans la limite de la durée légale du travail ouvrent bien des droits à congé.
Que se passe-t-il en cas de maladie ou d’absence ?
Le sujet des congés payés maladie a été bouleversé par la Cour de cassation et par la loi DDADUE de mars 2024. Accrochez-vous, parce que c’est là que ça devient sérieux.
Depuis la réforme, les arrêts maladie (non professionnels) ouvrent droit à l’acquisition de congés payés, à hauteur de 2 jours ouvrables par mois dans la limite de 24 jours par an. C’est un vrai changement de paradigme. Avant, un salarié malade n’acquérait rien pendant son arrêt.
Les arrêts liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle, eux, continuent d’ouvrir droit à la totalité des congés comme s’il y avait travail effectif. Pas de plafond dans ce cas.

Comment calcule-t-on le solde de tout compte congés ?
Le solde de tout compte congés est la somme versée au salarié pour les jours acquis et non pris au moment de la rupture du contrat. La règle s’applique quelle que soit la cause de rupture.
Congés payés et démission : on doit quand même payer ?
Oui, sans exception. Les congés payés démission doivent être régularisés dans le solde de tout compte. L’employeur n’a pas le droit de refuser ou de compenser avec autre chose. Le versement congés payés fin de contrat est obligatoire, que le salarié parte en démission, en licenciement ou en fin de CDD.
Voici ce que doit contenir ce solde :
- L’indemnité compensatrice pour les jours de congés acquis et non pris.
- Les éventuels jours issus du cumul de congés non pris sur des périodes antérieures (sous conditions).
- Les indemnités liées à la rupture (préavis, licenciement le cas échéant).
✅ À retenir : le salarié dispose d’un délai de 3 ans pour contester un solde de tout compte signé. Ce délai court à partir de la signature du reçu pour solde de tout compte.
Quelles sont les règles sur les jours fériés et la prise de congés ?
Les jours fériés et congés payés ne se confondent pas. Un jour férié tombant pendant une période de congé ne doit pas être décompté comme un jour de congé s’il est habituellement chômé dans l’entreprise. C’est une règle que beaucoup d’employeurs appliquent mal.
La prise de congés anticipée est-elle possible ?
Techniquement oui. La prise de congés anticipée permet à un salarié de poser des jours qu’il n’a pas encore acquis. C’est un accord entre l’employeur et le salarié, pas un droit automatique. Si le salarié quitte l’entreprise avant d’avoir acquis ces jours, l’employeur peut retenir le trop-perçu sur le solde.
Et le congé sabbatique dans tout ça ?
Le congé sabbatique est un dispositif distinct des congés payés classiques. Il dure entre 6 et 11 mois, sans rémunération. Le salarié doit justifier de 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise et de 6 ans d’activité professionnelle. Ce n’est pas un congé payé, mais il ouvre un droit de réintégration au poste.

| Situation | Acquisition de congés ? | Indemnité à la sortie ? |
|---|---|---|
| Travail effectif | Oui, 2,5 j/mois | Oui |
| Arrêt maladie non pro | Oui, 2 j/mois (max 24 j/an) | Oui |
| Accident du travail | Oui, sans plafond | Oui |
| Chômage partiel | Oui, dans la limite légale | Oui |
| Congé sabbatique | Non | Non (congé non rémunéré) |
Le régime indemnitaire congés payés : ce que beaucoup oublient
Le régime indemnitaire congés payés désigne l’ensemble des règles qui encadrent le versement des indemnités de congé. Ce régime s’applique différemment selon le secteur d’activité.
Dans le BTP par exemple, les caisses de congés payés du BTP gèrent directement le paiement des indemnités. L’employeur verse des cotisations à la caisse (comme ProBTP ou la CNETP), et c’est la caisse qui paie le salarié pendant ses congés. Ce système existe aussi dans d’autres branches comme le spectacle (Audiens). Vous devez connaître le nombre exact de jours travaillés par an pour bien évaluer les cotisations dues. Beaucoup d’employeurs du BTP font encore des erreurs de cotisation parce qu’ils n’ont pas intégré ce mécanisme correctement !
Ce n’est pas une option. Ne pas cotiser à la caisse compétente expose l’employeur à des redressements URSSAF et à des demandes de régularisation rétroactives. C’est le genre d’erreur qui coûte cher quand l’inspecteur du travail débarque.
Maîtriser les calculs congés payés, c’est éviter les litiges prud’homaux et les régularisations douloureuses. Applique toujours les deux méthodes de calcul et retiens la plus haute. Vérifie ta convention collective avant chaque solde de tout compte. Et si tu travailles dans le BTP, vérifiez immédiatement votre affiliation à la caisse de congés payés compétente. Un mauvais calcul aujourd’hui, c’est un contentieux demain.